Sombre Millésime

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 Morsure

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Ludovic Lost
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Date d'inscription : 01/12/2009

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Groupe du personnage: Jours Perdus
Orientation sexuelle (pour les gays, précisez Uke ou Seme): bisexuel
En couple: personne

MessageSujet: Morsure   Dim 6 Nov - 14:08

Les crocs de la nuit



Je l'ai vu. Il était là, juste devant moi, et me tendait la main. Ses yeux d'un bleu très clair me fixaient avec insistance, mais ce qui me troublait le plus étaient ses iris d'un rouge très vif. Je saisis sa main avec prudence et le contact de sa peau glacée contre la mienne m'arracha un frisson. Je me relevai avec lenteur, le regard méfiant.
- Tout va bien ? me demanda-t-il d'une voix chaude et envoûtante.
Séduit par le timbre de sa voix, j'en oubliai de lui répondre. L'homme pencha légèrement la tête et ses doigts effleurèrent légèrement ma joue. La fraîcheur de sa peau me réveilla et je secouai légèrement la tête, gêné. Les joues roses, je détournai rapidement le regard.
- Je vais bien, merci...
Le regard de l'inconnu se porta plus loin au-dessus de mon épaule. Son visage se referma totalement, ses yeux s'assombrirent. Étonné par ce changement d'attitude si soudain, je me retournai. A l'instant même où mes yeux se posèrent sur une sombre silhouette, je sentis une sueur froide parcourir tout mon corps. Une main se posa avec la plus grande douceur sur mon épaule mais, tendu et crispé, je sursautai.
- Cet étranger vous importune, n'est-il pas ?
- N-Non...
- Alors pourquoi couriez-vous à perdre haleine et comment expliquez vous cette chute sur le béton humide ?

En aucun cas je ne voulais attirer d'ennuis à cet homme. J'étais prêt à subir la colère de l'inconnu pour laisser la vie sauve à celui qui m'avait tendu la main. Seulement, avant que je ne puisse faire quoi que ce soit, il se plaça devant moi. La peur me noua l'estomac et des larmes brouillèrent ma vue.
- Vous allez vous faire tuer, écartez-vous, s'il vous plaît.
- Je ne crains rien. Mais toi, si.

Mon agresseur se précipita vers lui et j'aperçus l'éclat d'une lame. La terreur me figea. J'étais incapable de bouger, de prendre la fuite. Je restai immobile, le regard décomposé, le visage livide. Il nous atteignit. Je fermai les yeux avec force afin de ne pas assister à ce spectacle sanglant et morbide mais, à ma plus grande surprise, je n'entendis pas de gémissement, pas de cri de douleur. Hésitant, je rouvris les yeux. D'une poigne ferme, mon sauveur avait saisi la gorge de mon agresseur. Il le souleva de terre avec une facilité apparente. Il resserrait davantage son emprise. Sa victime étouffait, manquait cruellement d'air. Ses lèvres bleuissaient de seconde en seconde. Inquiet, je saisis l'avant-bras de mon sauveur, dont j'ignorais toujours le prénom.
- Laissez-lui la vie sauve, je vous en supplie...
- Vous êtes bien généreux envers cette personne qui a tenté de vous tuer. C'est une qualité que je vous envie et qui me charme.

Le regard sévère, l'homme dévisagea avec froideur son vis-à-vis.
- Si vous me promettez de lui laisser la vie sauve et de vous en aller sans rien tenter, alors je vous laisserai vivre.
- J-Je v... vous le... promets...

Il concéda et le déposa à terre. L'autre homme, paniqué, tourna les talons et détala en toute vitesse. J'avais peine à réaliser ce qui venait de se produire. Non seulement j'étais en vie, mais mon sauveur possédait une force incroyable. Comment le remercier de ce qu'il avait fait pour moi ?
Lentement, il se tourna et me sourit. Mon cœur s'emballa aussitôt et, pendant un long moment, je regardai ses lèvres avec envie.
- Pardonnez-mon impolitesse. Je me nomme Balthazar.
- Enchanté...

Je me présentai à mon tour. Mais avant que je ne puisse terminer ma phrase, quelque chose sembla attirer l'attention de Balthazar. Il baissa ses yeux sur mon genou, je suivis son regard. Ce fut à cet instant, seulement, que je vis le sang tâcher mon pantalon.
- Vous êtes blessé.
- Ce n'est rien. Je peux me débrouiller seul et puis... vous m'avez sauvé la vie, je ne veux pas vous importuner davantage...

Seulement, il ne m'écouta pas et me conduisit jusqu'à son appartement. Une fois chez lui, il me fit asseoir sur le canapé, releva mon pantalon et étudia ma blessure avec un air très sérieux. Je ne m'attendis pas à son geste. Je pensais plutôt qu'il allait chercher du coton, un produit désinfectant et un pansement mais, à la place, il se contenta de lécher le sang, puis ma blessure. Profondément embarrassé, j'évitai soigneusement de le regarder tout en ignorant la douleur de ma blessure, laquelle disparut bien assez rapidement. Étonné, je jetai un rapide coup d’œil pour constater qu'il n'y avait plus trace de la plaie. Je ne m'expliquais pas cet étrange phénomène. Jamais je n'avais assisté à une chose aussi incroyable. Balthazar se redressa lentement et vint prendre place à mon côté. Il paraissait plutôt gêné par la situation.
- Vous risquez peut-être de ne pas me croire ou d'être effrayé, mais je me dois de vous avouer la vérité après ce qui s'est passé. Je ne suis pas comme vous. Je ne suis pas humain.
Je ne compris pas tout de suite ce qu'il voulait dire par « je ne suis pas humain ». Pour moi, Balthazar était humain mais possédait seulement des pouvoirs, des facultés de guérison qu'il devait mettre au service de l'humanité. Seulement, les choses n'étaient pas aussi simples que cela.
- N'avez-vous jamais cru à ces légendes qui traversent le monde, celles des vampires ?
- Non. Les vampires n'existent pas. Ils sont nés de l'imagination d'un homme.
- Ce n'est pas tout à fait exact. Il s'avère que les vampires existent bel et bien et j'en suis malheureusement un.

Alors il me dévoila ses canines plus allongées et plus pointues que celles d'un humain. Ses yeux étaient d'une couleur anormale en raison de ce qu'il était. Sa peau était glacée, comme celle des morts. Il possédait un pouvoir de guérison phénoménal, la faculté de soigner quelques blessures insignifiantes grâce à sa salive. Sa force était accrue, ses sens plus aiguisés. Il était aussi âgé. Très âgé. Ces seuls détails parvinrent à me convaincre. La personne qui m'avait sauvée n'était autre qu'un vampire. Et un vampire très séduisant.
- Je vous observez depuis un petit moment déjà, Ambre, car il n'est pas très prudent de se promener seul dans les rues le soir. Et je crois avoir bien fait.
Ce n'était donc pas mon odeur ni mon sang qui l'avaient attiré, mais plutôt le danger qui planait au-dessus de ma tête, telle l'épée de Damoclès. Profondément touché par sa générosité mais aussi par la protection qu'il m'offrait, je ne savais pas exactement comment, une fois de plus, le remercier de tout ce qu'il faisait pour moi. Cependant, son comportement changeait petit à petit et de seconde en seconde, Balthazar paraissait de plus en plus confus, honteux. Je ne comprenais pas ce qui se passait, en quoi est-ce que je pouvais l'intimider, si le problème venait de moi. Inquiet, je lui demandai ce qui n'allait pas.
- Hé bien... J'espérais en remerciement pouvoir boire un peu de votre sang. Je n'ai hélas pas pu me nourrir depuis trois jour et tuer des animaux pour ma survie m’écœure au plus profond de mon être.
J'aurais pu être en colère et partir sans rien dire. J'aurais pu l'abandonner à son propre sort, le laisser souffrir. Seulement, je ne pouvais pas non plus oublier qu'il m'avait sauvé la vie cette nuit, qu'il m'avait soigné et qu'il avait été poli et très respectueux envers ma personne. Pour ces raisons, je lui permis donc de boire. Soulagé, Balthazar tenta de me mettre à l'aise lorsqu'il s'aperçut que cette morsure m'angoissait et que je gardais les mains crispées sur le tissu de mon pantalon. J'essayai de me détendre, bien que ce ne fut pas chose facile. Lentement, Balthazar approcha ses lèvres de ma gorge. Je sentis ses crocs transpercer ma chair avec la plus grande douceur et le sang couler sur ma peau, sa langue froide lécher mon épiderme et m'arracher quelques frissons. Je serrai davantage mes poings et fermai les yeux, en essayant d'oublier la douleur. Le souffle chaud de Balthazar sur ma gorge, sa main sur mon genou, éveillèrent en moi un soupçon de désir que je tentai de contrôler. Certainement devina-t-il ce qui se passait en moi ou alors prêta-t-il une attention toute particulière à mes signes corporels, mais je sentis sa main se diriger lentement vers hanches. Je commençais à perdre des forces, mon souffle s'accélérait, mon cœur s'emballait et pourtant, je le désirais. Je guidai sa main jusqu'à mon intimité, le suppliai de continuer et me perdis dans son étreinte...

Balthazar s'approcha de moi d'un pas rapide avec une expression soucieuse sur le visage. Il était toujours inquiet lorsque je décidais de sortir prendre un peu l'air la journée, mais il ne pouvait pas se permettre de m'accompagner. La lumière du soleil le tuerait.
- Sois très prudent Ambre. Je déteste cette ville à cause des nombreux dangers qu'elle représente pour toi.
Je lui souris avec douceur et pris sa main dans la sienne, afin de le rassurer.
Ne t'inquiète pas pour moi, Balthazar, tout ira bien. Et puis, la nuit est en train de tomber alors si je ne suis pas de retour avant vingt heures, tu pourras me chercher sans craindre la lumière du jour.
Il acquiesça d'un signe de la tête avec un air peu convaincu. Je déposai un léger baiser sur sa joue avant de m'en aller.
Je m'étais trompé.
Je pensais que tout irait bien. Je le croyais naïvement, mais Balthazar avait raison. Cette ville était dangereuse. Très dangereuse.
L'homme qui m'avait agressé quelques jours plutôt avait retrouvé ma trace et m'attendait avec quelques uns de ses amis, à l'angle d'une rue. Lorsque je les aperçus, je m'immobilisai.
- Alors, tu n'es pas accompagné ? Quel dommage. Ton petit copain n'est pas là pour te sauver cette fois-ci. Ni pour m'humilier. Je n'ai pas franchement apprécié son arrogance.
J'étais tenté de faire demi-tour et de prendre la fuite seulement, lorsque je me retournai... je m'aperçus avec détresse que d'autres jeunes hommes me barraient le passage. J'étais cerné. Et très certainement condamné. Je lui fis face, prêt à accepter mon sort, bien que la peur me paralysait les membres. Je le vis s'approcher de moi, poignard en main. Je sentis la douleur me transpercer les entrailles. Un froid mortel s'insinuer en moi. La vie s'écouler hors de mon corps. Ma vue se troubler. Mon corps tomber lourdement au sol. Ma tête heurter durement le sol. Mon souffle ralentir progressivement. Les minutes s'égrainer avec une lenteur affligeante.

- Ambre... Mon Dieu, Ambre... Non...
Des bruits de pas me tirèrent de ma léthargie. Tout était sombre, autour de moi. Le jour avait laissé place à la nuit. Mon agresseur s'en était allé avec ses acolytes. Ils m'avaient abandonné, tué. Balthazar se pencha par-dessus moi, le visage alerte. Je lui souris, bien que mes yeux trahissaient ma tristesse.
- J'ai été heureux de te rencontrer Balthazar. Tu as été mon rayon de soleil... mais je crois que le Destin refusait de nous voir réunis. Il s'est acharné sur mon sort.
- Ne parle pas, tu vas t'affaiblir. Je vais te sauver, ne t'inquiète pas.
- Et comment ?

Je toussai et serrai avec force sa main dans la mienne. La douleur était insupportable, mais je sentais mes membres commencer à s'engourdir. Ma fin était proche. Très proche. Je ne voulais pas partir et l'abandonner ainsi, je l'aimais tellement. Il avait été la seule personne à me rendre heureux, à faire attention à moi, à poser ses yeux sur moi, à me regarder. Et maintenant que j'avais enfin trouvé le bonheur, il fallait que je quitte ce monde si brusquement ?
- Je suis désolé, Ambre, désolé pour ces affreux jours à venir et pour mon geste égoïste, mais je ne peux pas me permettre de te laisser partir ainsi.
Je ne compris pas le sens de ses paroles, mais je sentis la violente morsure à ma gorge. Je le sentis aspirer mon sang à trop grandes gorgées, en trop grande quantité. Il abrégeait mes souffrances.

Dans les brumes de mon esprit, je crus percevoir le son de sa voix qui me disait de boire. J'ouvris légèrement la bouche, sentis quelque chose de chaud sur ma langue sans parvenir à distinguer de quoi il s'agissait.

Lentement, j'écarquillai les paupières. La chaleur m'avait réveillé. Lorsque je regardai autour de moi, je compris aussitôt que je me trouvais chez Balthazar. Il veillait sur moi comme un ange gardien et humidifiait mon front. J'étais fiévreux. Durant quatre longues journées, je restai allongé sur le lit à souffrir, délirer, pleurer, supplier qu'on m'achève, supporter la douleur et puis, finalement, mes forces faiblirent, commencèrent à m'abandonner. Et enfin, je poussai mon dernier soupir.

Sauf que tout n'était pas terminé. Second souffle. Nouvelle vie. Je me réveillai une journée plus tard, en hurlant tant la douleur était atroce. Tous mes sens étaient revenus brutalement, étaient accrus. La douleur à ma tête était intolérable, comme si quelqu'un m'enfonçait un clou à coups de marteau. Et puis mes dents me faisaient horriblement mal. Je sentais aussi un froid étrange m'envahir lentement, sûrement. Je ne comprenais pas ce qui m'arrivait, pourquoi est-ce que je souffrais ainsi mais, lorsque mes douleurs se calmèrent peu à peu, deux jours plus tard, Balthazar m'expliqua que, maintenant, j'étais désormais comme lui.
Un être de la nuit. Un vampire.

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quand nous serons morts...serons nous libres?
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